31 mars 2016

Week-end Pascal



J'avais prévu une bafouille pour accompagner mes photos et pour ne pas oublier ce dimanche imprévu. 
Oui oui, chez les Pingouins et associés on est parfaitement capables d'improviser un dimanche de Pâques ! 
La vérité, c'est que nous avions décidé  de retourner dans le Nord pour être près de nos amis qui passaient le double cap de la cinquantaine et de la vingtaine . 
Et puis d'autres circonstances ont fait que nous avons choisi de rester ici .
On a bien fait, la gastro nous attaqués en début de semaine pour ne nous lâcher que samedi matin. 
Du coup samedi matin, on a appelé les cousins pour organiser la chasse aux oeufs et un dimanche de Pâques digne de ce nom. 

La suite est en images. 
Car les mots me manquent pour dire  la simplicité des retrouvailles - et dire qu'on est si près pourtant -  La joie de se sentir exactement là où on doit être au moment opportun, même si ce n'est pas du tout ce qui était prévu. 
Ces bougies soufflées ensemble, juste à temps ou bien un avec un peu d'avance pour nos hommes de printemps.  
Le sourire d'un  filleul qui était bien content de devenir si grand d'un coup. 
Les échanges de cousins décidés à la dernière minute pour repousser encore un peu le moment où on va se dire au revoir. 
La joie toute simple et toujours renouvelée de reprendre la route pour quelques kilomètres seulement, en faisant pour la millième fois, le constat joyeux qu'on a une sacré chance d'habiter en vacances .
Et les photos qu'on envoie à ceux qu'on aime pour leur dire qu'on est heureux et qu'ils nous manquent.
Pour ne pas oublier ces bons moments qui nous construisent. 


Bref, ce fut un excellent dimanche de la Resurrection.
Merci les cousins ! 

23 mars 2016

On dirait une hydre ...

C'est ce que me disait ma chère tante Françoise hier soir ... On coupe une tête , il y en a deux qui repoussent . Comment va-t-on s'en sortir?
C'est vrai, c'est aussi la première impression que j'ai eue ... ça ne finira donc jamais? Il va falloir apprendre à vivre avec cette menace autour de nous? Dans la peur?
Une Hydre.

Et puis ce matin, au détour des ondes , me demandez pas lesquelles, je n'étais pas encore assez réveillée : " ils n'ont pas compris , plus ils frappent, et plus on est solidaires, plus ils veulent diviser, et plus on s'aime " .
Une hydre encore.
Salutaire piqûre de rappel.
Ne pas céder au découragement, à la tristesse et à la peur, refuser de s'habituer quand bien même l'habitude gommerait la peur.
Et pour un temps, décider tous ensemble de ranger les armes pour rire des enfants, mettre de côté les jeux vidéos violents, expliquer, accompagner la curiosité, se documenter, chercher à comprendre, à connaître, parler, encore et toujours pour ne pas tout mélanger, pour ne pas s'habituer, même si déjà les réactions se font plus lointaines, et plus tardives, et par dessus tout aimer.

Drôle de semaine Sainte ...

Hilde, Dephine, Lieve et Lieve , Yann, Kristin,  Guillaumet et les autres , nous pensons tellement à vous.

18 mars 2016

Celui qui voulait avoir son bac

 et qui avait décidé que les conditions de travail, finalement étaient meilleures à la maison .
#denouveau7àlamaison

Quand ça n'en finit plus de finir

Je n'ose  même plus compter les articles publiés ici pour dire que cette fois, ça y est, on a tourné la dernière page, coupé les derniers fils , terminé les dernière démarches qui nous retenaient encore ou nous laissaient croire qu'on pouvait à tout moment annuler la décision et revenir sur la banquise. 
En vrai, on a toujours été parfaitement OK avec ça et quand le camion a tourné le coin de la place plein de notre vie encartonnée, on savait qu'on avait fait le bon choix et que ces années de banquise étaient désormais derrière nous, lumineuses et riches de tous les liens tissés que nous allions emporter avec nous. On aurait quand même pu se douter que la page ne se tournerait jamais vraiment, puisque la moitié de "nous" - je devrais d'ailleurs dire d'ailleurs la totalité de " nous " s'est construite sur la banquise.  D'ailleurs,  nous restons la famille Pingouin, et la migration n'a pas fait fondre la banquise. C'est certainement ce qui explique que nous sommes toujours surpris de constater que l'image qui nous vient en tête à chaque nouvelle étape franchie soit celle d'un dernier lien qui se détache . 
Comme si nous avions encore à nous " détacher" ... C'est étrange.  Nous sommes liés à nos amis par des noeuds invisibles et si solides que rien ne les défera jamais, néanmoins, matériellement, c'est bien à Pau que nous vivons désormais et nous y sommes heureux.

Alors pourquoi cette drôle de réaction à la vue hier du mail du rectorat : " Vous avez obtenu votre mutation dans l'académie de Bordeaux" ? 

C'est une bonne nouvelle:  cela signifie que je vais pouvoir retravailler l'an prochain, et pas forcément à deux heures de route de chez moi ( quoique ...  ce n'est pas si sûr). Il est certain que j'aime ces temps de parenthèse que je consacre aux enfants et à notre famille, mais j'avoue m'y sentir un peu à l'étroit au bout d'un moment -  Les enfants ont poussé à l'annonce de la nouvelle , un ouf de soulagement général ... #enfinlibres ! Les ingrats - . 
Mais c'est également un nouveau lien qui se détache, l'aventure Turgot n'aura duré qu'une toute petite année, et  je dois une fois encore renoncer à voir écrit à coté de mon affectation : "à titre définitif ". 
Je repars probablement pour quelques temps de nomadisme professionnel. Je sais bien  que j'y survivrai que je m'enrichirai de nouvelles rencontres et de nouvelles expériences,  mais honnêtement, j'aimerais pourvoir m'installer enfin quelque part,  regarder cette réforme bien en face et voir ce que je peux en faire " en vrai" puisque de toutes façons nous n'aurons pas le choix.

En attendant, je vais continuer de me documenter pour essayer de trouver les réponses aux questions qu'elle me pose ... Et ça, c'est pas gagné #jedoisetreunetruffe. 

12 mars 2016

Celui qui voulait travailler et celle qui avait la foi

 Attention, post long, ennuyeux de prof qui râle et qui va me valoir un point rouge sur ma fiche pédagogique .



Depuis toute petite je sais que je veux devenir enseignante. 
D'aussi loin que je me souvienne, je sais que je veux  enseigner le français. C'est  LA matière où on apprend comment est construit le langage, où on découvre que tout langage est le tissage d'une pensée, d'une idéologie, d'un univers. La maîtrise du langage écrit et oral, c'est pour moi la clé de la liberté. 
Plus tard,  j'ai cru comprendre  la belle et ambitieuse mission de l'école : former des citoyens. De vrais citoyens,  des gens cultivés,  capables de penser par eux-mêmes, libres, et en mesure de comprendre le fonctionnement de leur société, d'avoir des idées pour la faire avancer  et de voir plus loin que leur intérêt personnel, de prendre des décisions et de les assumer . 
Et je trouvais ça formidable que chaque enfant puisse recevoir ce bagage même si sa famille ne lui proposait pas, et je voulais participer à cette aventure. Ce serait ma façon à moi d'être citoyenne. 
Par ailleurs , dans ma famille j'avais appris à regarder les gens au-delà des apparences, je savais pouvoir compter sur ma capacité à toujours chercher à comprendre les chemins intérieurs de l'autre , et à valoriser chez lui  tout ce qui pouvait l'être. Je pensais que je saurais regarder mes élèves avec bienveillance, et  que je chercherais toujours à les faire progresser,  ce serait ma façon à moi d'être chrétienne dans le monde , sans brandir l'étendard de Jésus-Christ. 

Voilà , c'est , je crois ce que l'on nomme " une vocation". 

Alors,  y a 20 ans, quand j'ai commencé à travailler  j'ai sauté , avec tous mes idéaux, dans le train de la réforme du français: les séquences, les méthodes déductives, tout ça. L'idée en gros c'était de conduire les élèves sur un chemin de découverte , de donner du sens à ce que nous faisions . 
La grammaire, l'orthographe, ne sont que des outils, qui n'ont d'intérêt que si l'on s'en sert et qu'on sait à quoi ils servent. Observons les dans leur milieu naturel, les textes, utilisons-les nous comprendrons ensuite seulement comment ils fonctionnent. 
D'aucuns criaient déjà au scandale, protestant qu'on "nivelait par le bas" , qu'on "enseignait au rabais". 
Je ne me suis pas posé de questions . 
J'ai décidé de trouver ça génial . Et exigeant. 
De toutes façons à l'IUFM ( oui, en vrai,  ça fait un peu plus de 2 ans ) on ne nous a jamais dit que ça pouvait être autrement. 

Quand on a parlé d'hétérogénéité , j'ai décidé que c'était génial. 
Quand on a parlé d'aide individualisée, j'ai décidé que c'était génial. 
Quand on a  parlé de classes pupitres, j'ai décidé que c'était génial. 
Quand on a parlé d' IDD, j'ai décidé que c'était génial ... 
Je ne continue pas la liste. 
Je suis une bonne petite prof bien obéissante, qui décide de trouver génial tout ce que nous pondent les pontes - ils ont fait plus d'études que nous n'est-ce pas? Ils lisent des tas de rapports et utilisent des mots compliqués - Moi je n'ai que quelques années d'expérience, et surtout un public très particulier ( heu .... hétérogène ) . Et comme je suis plutôt positive, je lis les nouvelles directives, je trouve que sur le fonds elles ont le mérité d'être généreuses et ambitieuses, même si très idéalistes,  je me trouve une collègue ou deux  et ensemble, on fait de notre mieux pour appliquer les nouvelles directives. 
Jusqu'à maintenant. 
Parce que cette fois-ci j'ai du mal à suivre. 
Je n'arrive pas à trouver quoique ce soit d'ambitieux et de  généreux à cette nouvelle réforme. 
Peut-être en partie  parce que maintenant mes enfants sont concernés et que finalement  l'égalité que je défends pour eux n'est pas la même que celle que je défends pour mes élèves. 
Peut-être en partie aussi  parce que je vieillis et que je peine à me remettre en question. 
Tout cela est possible. 
Pourtant, je suis convaincue qu'il faut enseigner autrement, qu'il faut chercher d'autres chemins pour rejoindre les jeunes auxquels nous nous adressons quelque soit leur niveau scolaire et quelque soit le milieu d'où ils viennent parce que la majorité d'entre eux s'ennuie au collège. 
Je suis convaincue qu'il faut d'autres façons d'évaluer, parce que nous réduisons les enfants à une performance scolaire qui ne reflète pas leur personnalité et ne les prépare pas non plus à la "vraie vie d'aujourd'hui". 
Je suis convaincue que nous devrions d'avantage encourager et valoriser pour développer la créativité et la confiance en soi nécessaire à toute réussite scolaire. 

Mais je suis convaincue aussi que le chemin qu'on nous propose n'est pas le bon. 
Pour que tout le monde ait accès à tout sans élitisme ni distinction , puisque c'est de ça dont il est question, il faut réduire ce tout à sa portion congrue de sorte à ce que nul ne soit frustré, ou bien proposer TOUTES les langues et TOUTES les options  dans TOUS les collèges. Il  me semble que notre ministre ait opté pour la première option. 
Certes en baissant la hauteur de la barre à franchir, on permet à un plus grand nombre de sauter l'obstacle,  mais on ne sait pas alors quel est le nombre de ceux qui avec plus d'entraînement auraient pu aller encore plus haut. C'est pourquoi je préfèrerais qu'on ne change pas l'objectif de la hauteur à atteindre, mais qu'on change de méthode pour aider  chacun à s'en approcher le plus possible. Même si c'est plus long. Et plus coûteux . Mais non, la réforme du collège n'est pas une réforme économique. 


Dans l'établissement de notre Collégien du moment,  l'année prochaine, en 4ème, on doit commencer une LV2 , - espagnol ou espagnol - ,  et  on PEUT  choisir UN SEUL enseignement complémentaire. C'est écrit en gros. 
On doit donc cocher celui qu'on fait déjà en cinquième si on en fait déjà un : latin OU Cham OU espagnol OU SS Rugdby OU SSBasket. 
Il sera reconduit automatiquement.
On remarque au passage que la section européenne sera supprimée automatiquement. 
Dans la liste suivante, il y a SSRugby ( sélection) OU SSbasket(sélection)  OU latin ... mais si on a déjà coché en 1, on ne peut plus cocher en 2 . 

Finalement, 
TOUS les élèves de cet établissement peuvent  apprendre l'espagnol.
TOUS les élèves de cet établissement peuvent  apprendre le latin 2h par semaine en 4ème  - sauf  ceux qui font déjà de la musique ou du sport. 
QUELQUES élèves de cet établissement ( ceux qui seront sélectionnés, 60 maxi ) pourront bénéficier d'un enseignement intensif de basket ou de rugby, mais pas de musique ni de latin. 
QUELQUES élèves de cet établissement ( ceux qui sont venus pour cela) pourront bénéficier d'un aménagement d'emploi du temps pour pratiquer la musique au conservatoire , mais pas de sport ni de latin. 
AUCUN élève de cet établissement ne peut apprendre l'Allemand. 
AUCUN élève de cet établissement ne peut bénéficier d'un enseignement renforcé en langue. 

Donc, dans cet établissement, on offre à chacun le choix d'UNE option. 
"Un chacun", c'est ce que je dis à mes enfants quand il faut partager un paquet de gâteaux ou une tablette de chocolat . 
"Un chacun", c'est ce dont il ne faut pas abuser parce que c'est un peu exceptionnel ou parce qu'il n'y en n'a pas assez pour tout le monde .
Il faut partager, on est bien d'accord, c'est une valeur importante à enseigner à nos enfants. 

Mais a-t-on le droit de  partager l'accès au savoir? 
La connaissance diminue-t-elle  si on la partage? 
Si un enfant choisit de faire de la musique ET du sport ET du latin ET de l'anglais, je conçois que ça puisse avoir du mal à tenir dans son emploi du temps, et qu'il faille modérer son appétit , mais je ne vois pas en quoi son choix peut léser ses camarades. On est bien d'accord, madame la ministre, la réforme du collège n'est pas une réforme économique. Si de nombreux élèves veulent faire la même option, hé bien soit ils se tiennent tranquilles afin qu'on puisse travailler dans de bonnes conditions à nombreux, soit on trouve des heures supplémentaires. C'est simple . Et cher. 

Cette réforme me met en colère, et plus encore elle me rend triste, parce qu'elle fait croire que les sections prétendument "élitistes" étaient réservées aux meilleurs élèves, choisis par les profs parmi les plus gentils et les plus performants.  Mais c'est faux. Dans chaque collège où étaient proposées une section bilangue, européenne, musicale, sportive, scientifique, du latin, de l'allemand en première langue  et que sais-je, chacun pouvait y prétendre. Et parfois, les demandes dépassaient les capacités d'accueil. Alors si on ne pouvait pas choisir d'augmenter les effectifs, il fallait choisir les élèves. Ca ça pouvait conduire à l'élitisme. 
En obligeant chaque collège à faire des choix dans les enseignements proposés, on les oblige aussi à renoncer à la mixité qui découlait naturellement de la diversité des enseignements proposés, parce que ceux qui le pourront iront chercher leur bonheur ailleurs. 
Ainsi , dans l'établissement du PingouinCollégien certains enfants sont scolarisés en France pour la première fois , d'autres sont en ULIS , d'autres encore pratiquent la musique depuis l'âge de 7 ans, il y en a aussi qui sont de grands  sportifs , et beaucoup sont "juste normaux ". C'est notre collège de secteur, et la diversité des élèves qui le fréquentent fait justement à nos yeux sa force. Notre pingouinCollégien a la chance d'y retrouver des enfants qui sont très différents de lui,  selon les enfants qu'il rencontre, il se sent chanceux ou malheureux, et il apprécie cette diversité. Il nous semble que là est vraiment l'école de la vie. 
Oui mais, notre PingouinCollégien est aussi celui qui veut tout savoir, tout apprendre, tout découvrir . et il est prêt à pratiquer la musique en plus de ses heures d'école pour pouvoir découvrir des choses que nous ne lui apprendrons pas à la maison. Il rêve d'apprendre le latin et désire consacrer  plus temps  à  apprendre l'anglais. Il aime apprendre et travailler, alors ce matin il est allé visiter un collège privé où on lui propose de l'anglais "plus", de l'espagnol , du latin et des EPI qui sont baptisés " challenges". 
Il se déclare prêt à changer de nouveau d'établissement pour contenter sa soif de connaissances, au détriment de la diversité des rencontres qu'il fera, et nous accompagnerons ce désir s'il doit devenir son choix au détriment de nos convictions premières. 
Voilà, moi qui suis une fervente disciple de l'école publique parce qu'elle garantit l'égalité des chances, et favorise la mixité sociale, moi qui ris quand on me déclare le niveau " meilleur " dans le privé que dans le public en faisant fi du sacro-saint "Niveau",  je m'apprête une fois encore à changer mon fusil d'épaule pour l'un de mes Pingouins. Au motif cette fois, qu'il a le droit comme tout enfant de satisfaire à l'école sa curiosité intellectuelle. J'ai la chance de pouvoir le lui offrir. Ce n'est pas juste pour tous ceux qui n'auront pas cette échappatoire. 
Je n'en suis pas fière. 



Mesdames et messieurs les Grands Décideurs de l'école, je ne comprends pas votre réforme, et je la crains. 
Où voulez-vous nous emmener? 
Est-il question de  proposer à tous seulement  ce dont tous sont capables pour que personne ne sente lésé? C'est généreux de votre part, mais avez-vous pensé à la frustration de ceux dont l'appétit de connaissance était plus grand et que leurs familles ne pourront rassasier? 
Voulez-vous simplement  réduire les dépenses liées à l'éducation de nos enfants en réduisant les heures d'enseignement dispensé ? Je veux bien le comprendre,  mais  croyez-vous vraiment qu'on puisse apprendre et progresser sans y passer de temps, et que sans culture et sans savoir on puisse devenir un citoyen avisé et responsable ? A moins que vous n'ayez renoncé aux belles et grandes ambitions de l'école pour tous? Celles-là mêmes sur lesquelles vous m'avez interrogée avant de m'accorder le droit d'enseigner ... Ce n'est plus aussi important soudain? 
S'agit-il de remédier à l'ennui des élèves pour les remotiver? Je suis partante, mais alors pourquoi leur proposer des cours de rien? Pourquoi ne pas simplement nous offrir  des formations qui nous permettraient de changer notre pédagogie et notre approche des élèves? Je ne sais pas moi, donnez-nous la chance, à tous, d'apprendre comment fonctionne le cerveau d'un enfant, parlez-nous des intelligences multiples et de la manière de les mettre en valeur, donnez-nous des cours d'éducation positive. Enseignez-nous la coopération et je suis sûre que sans changer les dispositifs en place, nous saurons en tirer le parti nécessaire pour tirer chacun vers le haut. Ca ne vous coûtera pas plus cher que les (dé)formations inutiles auxquelles vous nous contraignez cette année.   
Mesdames et Messieurs les Grands décideurs de l'école, quand je regarde la réforme que vous nous imposez, cette fois-ci,  permettez moi de douter de vos intentions, avant de douter de ma vocation.  

Votre infidèle et néanmoins dévouée serviteuse. 








04 mars 2016

Dans la famille Courgette ..


Je demande la Maman des Pingouins. 

Les enfants grandissant, je retrouve un peu de cerveau disponible et il faut bien le reconnaître, les courgettades se font moins nombreuses . A tel point d'ailleurs que j'ai fini par baisser la garde et cesser de m'en prémunir . 
C'était me montrer bien présomptueuse. 
Pas plus tard qu'hier, je devais me rendre en un quartier de Pau que j'ai encore peu fréquenté de nuit et en auto.  Le temps ( on en parle de la pluie Béarnaise? ) ne me permettant vraiment pas de circuler en vélo, il m'a fallu me résigner à prendre ma voiture. 
Je m'aime pas ça. Je me perds encore beaucoup, et quand il pleut, on dirait que  feux, priorités et ronds-points deviennent tout à fait secondaires, le principal étant de se dépêcher de mettre son précieux véhicule à l'abri des gouttes ( grosses, les gouttes ) . Si on ajoute à cela le fait qu'en  centre-ville il est tout à fait  impossible de stationner en temps normal, encore plus en temps de pluie , et encore plus si d'aventure un évènement se produit qui réunit toute la ville au même endroit. 
C'était le cas hier soir. 

Consciente de la faiblesse de mon sens de l'orientation -  je persiste à prendre systématiquement  les Allées dans le mauvais sens pour rentrer chez moi -  j'avais  pensé à prendre mon téléphone et à le programmer sur la destination à la quelle j'aspirais à me rendre. 
Naturellement, il m'a été impossible de me garer à proximité . 
Il m'a donc fallu faire quelques détours avant de me garer. 
Par chance, - et un peu à l'aide de mon téléphone - j'ai trouvé rapidement mon chemin, et suis arrivée pile à l'heure, et pas trop mouillée. 
Il m'a bien effleuré , tandis que je marchais vers l'église, qu'il serait bon que je prenne garde aux détails du chemin afin de retrouver ma voiture à l'issue du concert, si d'aventure mon précieux guide venait à m'abandonner.  J'avais donc estimé que la fabrique de parapluie constituait un excellent repère. Je me faisais confiance pour le reste . On habite ici depuis six mois tout de même . Inconsciente. 
J'ai passé un très bon moment en compagnie de Paul Claudel et Mickael Lonsdale , et puis il m'a fallu revenir à la réalité. 
Mon téléphone avait naturellement rendu l'âme en même temps que le Christ, probablement dès la première chute - ça m'apprendra à le recharger de temps en temps - mais cela ne m'a pas tracassée outre mesure, la fabrique de parapluie étant un excellent repère, j'étais certaine de retrouver facilement mon chemin. Mais bien sûr . 
Oui mais , naturellement une fois devant, je ne savais plus si je devais aller à droite ou à gauche ... à moins que ce ne fût tout droit ... et plus je cherchais, moins je me souvenais. 
J'ai donc essayé chacune des solutions  ... 

Et quarante cinq minutes plus tard, après avoir fait cinq fois le tour du quartier, il m'a fallu m'avouer vaincue et héler une passante  qui m'a gentiment prêté son téléphone afin que je puisse appeler Le Pingouin en Chef à la rescousse. J'avais tellement honte que j'ai fait un petit mensonge " j' ai dit : je suis en panne , est-ce que tu peux venir me chercher , s'il te plaît? "
Il est venu. Le Pingouin en Chef m'aime, et il aime me sauver la vie. 
Il m'a fallu alors, honteuse,  rétablir la vérité.
Heureusement, le Pingouin en chef a de l'humour et nous avons ri en cherchant ma voiture - qui était naturellement  à l'opposé de la fabrique da parapluie  - et il ne pleuvait pas si fort que ça.

Désormais,  je prendrai mon vélo que je pourrai attacher à proximité de l'endroit où je me rendrai, même s'il me faut pour cela braver la pluie et les automobilistes . Et je rechargerai mon téléphone avant de partir.
Jusqu'à la prochaine fois.