Et puis un jour il a fallu regarder cette envie dans les yeux et en faire un choix.
Alors l'envie est devenue projet, attente, espoir et crainte tout à la fois ...
Il y a eu le oui.
Et l'envie est devenue avenir.
C'est à ce moment là que nous avons compris que le chemin à parcourir n'était pas derrière nous, mais devant nous .
Il fait beau et chaud , certes, mais on ne sera pas mécontents d'avoir du chauffage .
Il y a eu le grand rangement, les agents immobiliers, les photos, notre maison sur internet . Les fous rires en la voyant à travers l'écran de nos ordinateurs ... Internet c'est pas la vrai vie hein !
Et puis a commencé le défilé qui aurait pu me fournir de sacrés sujets si j'avais eu assez de talent et d'humour pour en faire un feuilleton.
Pour résumer, il y a eu le branquignol qui tombe raide dingue de la maison, qui signe le compromis les yeux fermés sans discuter le prix ... mais qui a juste oublié de prévenir son Pôpa et sa Môman qu'ils allaient devoir faire un petit chèque ... Tout petit .. . pour payer son caprice .... 250 m2 pour un homme seul c'est un tout petit caprice non? Pôpa et môman n'ont pas voulu faire le chèque ...
Ensuite on a eu le défilé des amoureux : " Han, elle est trop belle cette maison !" Mais ils vont réfléchir un peu, ils sont vraiment intéressés, hein , c'est presque décidé, ils vont faire une proposition. Demain. Sans doute . Et ils rappellent : "Ah, mais on l'adore hein cette maison. Juste, on est pas prêts à habiter D*** . Vous comprenez, c'est D* quoi . Smiley qui fait un clin d'oeil " . Non mais c'est vrai quoi, y que des babaches à D***, c'est tout pourri cette ville. C'est pour ça, on se tire . Double smiley qui pleure .
Il y a eu ceux qui visitent, qui aiment la maison, que la ville ne dérange pas , mais qui veulent juste pas la payer et qui trouvent mille arguments : le second étage, c'est pas un peu bricolo non? On peut pas dire que ce soit vraiment habitable je pense ... Vous avez raison, pas du tout habitable, d'ailleurs, on n'y vit pas, on préfère se tasser à 7 dans les trois chambres du premier.
Je passe les propositions indécentes, les tentatives de contournement, les "ah? mais on n'avait pas compris que c'était le prix net vendeur "( deux jours avant la signature du deuxième compromis).
Bref, on n'y croyait plus .
Mais comme la Providence ne nous abandonne jamais, on a fini par y arriver, et depuis hier quelqu'un d'autre habite ce lieu qui n'est plus notre maison . Cela nous fait tout drôle, et pourtant, c'est un vrai soulagement .
Nous aimions beaucoup cette maison, et nous en séparer n'a pas été si facile que nous le pensions, mais il nous fallait la vendre assez vite pour finir de nous installer ici.
La dernière page de notre vie sur la banquise s'est tournée hier.
Plus rien ne nous retient désormais là-haut que la certitude que si nous n'y avons plus un toit nous y gardons la chaleur des bras de nos amis.

