12 février 2015

Sherlucômes , ou le syndrome postraumatique.

Cela se passe samedi*  matin entre 7h et 11h ...
Au début , il est 7 heures, il a neigé, les minis qui terminent leur petit déjeuner - quand je pense que les jours d'école, Luc ne sait pas sortir de son lit avant 8heures - regardent par la fenêtre et admirent la nouvelle voiture.
Puis ils se précipitent vers la baie vitrée et s'absorbent dans la contemplation du jardin enneigé. Tout à  ce que je prends pour leurs projets de l'après-midi, ils ne m'entendent pas partir pour le Collège, avec leur frère, et ils sont toujours à la fenêtre quand je reviens trois quarts d'heure plus tard.
La conversation me semble animée, mais je ne m'attarde pas à l'écouter.
C'est que j'ai du travail moi madame !  ( en vrai j'ai prévu d'appeler Emilie en faisant mon repassage ) 
Vers neuf heures, des pas dans l'escalier, et aussi des cris me détournent de ma tâche interrompent brutalement la conversation " Maman, Maman, y  a des grosses traces de pas dans le jardin. Elles sont ENORMES, mais alors là , VACHEMENT ENORMES ! On ne sait pas qui c'est. En plus elles vont vers le garage, et vers la cabane ! Mais t'inquiète, on est entrain de  faire une enquête pour savoir qui c'est".

Vers Neuf heures dix , re-pas dans l'escalier, et re-cris : " Maman, Maman, on a essayé TOUTES les chaussures de la maison, mais ce n'est aucune qui a fait ces traces ! Elles sont vachement trop ENORMES. En plus les bottes de Papa, elles ont pas les mêmes dessins , et aussi ni celles de Martin ! Non, mais c'est hyper bizarre tu trouves pas? "

Vers Neuf heures et demie : " Maman, Maman , regarde, on a photographié les empreintes, elles sont VRAIMENT VACHEMENT ENORMES! Regarde ! Non mais ! Regarde je te dis !  - Cette dernière injonction me ravit et tombe à pic,  j'ai le combiné du téléphone, coincé entre l'épaule et l'oreille droite, le fer dans la main gauche et dans la droite la pièce que je repasse. La conversation va bon train avec Emilie et ma pile de repassage est au moins aussi énorme que les traces de pas  fond à vue d'oeil, tourner la tête pour analyser les épreuves photographiques inhérentes à cette enquête, c'est pile ce qui manquait à mes activités du matin - Ah oui, vachement énormes ! Je réponds pleine d'enthousiasme pour qu'ils me laissent tranquille. Et là , je risque la rupture diplomatique, certes ma soeur est enceinte, mais tout de même,  elle n'est pas exactement  VACHEMENT ENORME  !!!

Ca ne décourage pas mes Sherlok du jour. Ils remontent quelques minutes plus tard avec les photos ET TOUTES les chaussures présumées coupables. Ils entendent bien obtenir de moi que je tranche définitivement cette question d'empreintes. Misère !
Mon manque d'enthousiasme les renvoie au jardin, d'où ils remontent un mégot de cigarette : sa photo ET sa dépouille. " Maman, maman, là on a presque trouvé qui c'est !!! Regarde ce mégot, tu vois, c'est la PREUVE que c'est quelqu'un qui fume, alors c'est sûr que c'est Papa ou Martin ou alors un voleur qui a fumé dans notre jardin. Mais au fait, tiens,  qu'est-ce qu'il nous a volé le voleur? Tu crois qu'il voulait nous prendre la nouvelle voiture ????

Ben rien. Il n'a rien volé .
D'ailleurs, c'était pas un voleur, c'était le papa des Pingouins. Il aurait suffit pour s'en convaincre que mes deux perspicaces examinent les souliers quelqu'un avait mis à sécher, depuis la veille, sur le radiateur !!!!!
Mais alors, la matinée eût été beaucoup moins amusante.






* note du soir : la fille qui met quinze jours à rédiger son article ...