Mon Dieu, où cours-je et dans quel état j'erre?
Me suis-je philosophiquement interrogée ce samedi matin.
( En vrai j'ai plutôt dit : mekeskejfoula *%#~*# !!!!! )
Là , c'est à dire sur le parking de lecl**, à 8h par moins cinq degrés.
Le parking est désert et il fait encore noir.
Fugacement, j'imagine une petite grand mère toute courbée, elle reçoit ses enfant dans quinze jours, alors ce matin elle vient
au magasin. AVANT l'ouverture, pour être sûre qu'il lui en restera encore.
Ca me déprime.
De toutes façons, si ça continue, dans cinq minutes je serai congelée et on me retrouvera au siècle prochain. Intacte peut-être. Qui sait?
Du moins aurais-je évité la case grand-mère-qui -fait -l'ouverture- du- magasin.
N'empêche, c'est incroyable, à 8h15, on est déjà trois autos sur le parking !!!
Et d'autres arrivent. Au total, une dizaine de moteurs tournent, la radio à fond et cigarette au bec.
La vache. Comme pause solitaire du samedi matin, on a déjà vu mieux !
La semaine prochaine, je ne procrastine pas et je fais mes courses vendredi aprés mes cours.
Comme ça samedi matin je rentre direct me coucher aprés avoir déposé le Collégien à huit heures.
Oui mais le vendredi à 15h30, faut se grouiller pour boucler avant 16h30, y a plein de monde et les rayons ne sont pas encore tous bien achalandés.
Quand même, ma vie est une jungle parfois!
Non?
8h29... Les moteurs se coupent. Ils sortent tous de leur auto pour attendre devant la porte. Qui sera le premier?
FInalement c est une expérience anthropologiquement intéressante ...
Vraiment, faut pas mourir sans avoir vécu ça au moins une fois!
Edit de 22h30: après relecture et correction des coquilles ... faut pas écrire avec les doigts gelés.
Finalement, j'envisage de recommencer l'expérience. D'abord parce qu'en fait, sortir à 9H30 et trouver le parking plein, les casiers à chariots vides et la neige partout, voir les gens arriver et poireauter dix minutes pour avoir la place la plus près possible de l'entrée, leur souhaiter bien le bonjour en insistant sur le fait que " ah, ben, bon courage, parce qu'il y a du monde ce matin, moi j'ai fini, je rentre ! " eh bien c'est juste le bonheur - et c'est pas charitable, je sais, mais qui a dit que j'étais charitable ? -
Je recommencerai l'expérience aussi parce que c'est important, tout de même de savoir comment vit le français du samedi matin, celui qui fait l'ouverture du magasin en famille et que vous retrouvez à chaque rayon en train de potasser les pubs* pour n'acheter que les bonnes affaires, quitte à remplir le chariot de bouteilles de jus d'orange et de céréales pour enfants. Essentiel aussi de faire la connaissance de Madame la Comtesse O'bléro, flanquée de ses fils Jean-Dylan et Bob-Mathieu tandis que Marie-Kimberley la petite dernière se pend à la main de son cher et tendre, le Pauvre Sergio. A chaque détour de rayon, elle houspille ses enfants,son mari, son chien, récrimine sur les prix, la qualité, la neige, les gens, le service et conclut en disant que là c'est tout elle en a trop sa claque, faut plus lui parler de rien pour le Week-end, de toutes façons elle rentre et elle ressortira plus.
Remarque, elle a raison, faut se lever tôt pour profiter plus longtemps de n'avoir rien à faire.
* En vrai, ce détail est rigolo. La première fois. Parcequ' au dixième couple qui fait ça, on commence à se dire que la crise tout de même, ça touche du monde. Et on a froid dans le dos.
** expression bien d'chez nous qui veut dire en vrai " faire son ménache", laver ch'baraque quoi .