La roue tourne et entre ses rayons se glisse le petit ton doux amer qu'on a quand il nous semble que la Vie enfin, nous fait justice. La roue tourne pour les autres, et enfin, la chance semble les déserter . La roue tourne, et peut-être que maintenant c'est à moi que la Vie va sourire ?
La roue tourne sur la banquise et je n'ai aucune raison de glisser de tels sous entendus.
La Vie va et nous nous efforçons de suivre son rythme, à moins que ce ne soit elle qui s'essouffle à tenter de nous suivre.
La roue tourne sur la banquise et elle nous emporte dans sa course lente mais inexorable. Fatalement, tout en haut, j'ai le vertige et je crie pour qu'on s'arrête. Mais pas là. Pas suspendus entre le ciel et la terre. Non on s'arrêtera tout à l'heure, en bas.
Et puis voilà, on est tout à l'heure, en bas .
La roue a ralenti sa course folle, la terre s'est rappochée du ciel et le vertige m'a délaissée. J'ai oublié ma peur et je me laisse emporter de nouveau vers le ciel.
Tout à l'heure, la distance à parcourir entre mes rêves de WonderBobonne et ma vraie
vie de MamanProf me paraîtra infranchissable et je voudrai que tout
s'arrête. Je crierai de nouveau, et je voudrai redescendre.
La roue tourne sur la banquise.
On va, on vient et on oublie parfois qu'on peut descendre quand la roue ralentit et qu'il nous semble que le ciel et la terre peuvent se rejoindre.
On est tout à l'heure, en bas. Et cette fois je suis descendue en marche .
Et je vois .
Les miettes de pain de ce matin sur la table.
Et pourtant le souvenir du Ciel me garde de m'emporter.
Et j'entends.
Les frères qui se disputent pour des queues de cerise, ou moins encore.
Mais le souvenir du Ciel me garde d'en conclure que c'est une stratégie pour se replier dans sa tour à l'heure des services.
Je ressens.
La lassitude de celui qui au terme d'une longue journée sans pause se souvient, et ne cède pas à la flemme du petit qui négocie âprement sa leçon de clarinette, préférant remettre à plus tard ce qu'il doit faire maintenant.
Dans les replis du quotidien, je devine l'Ennemi sournois qui rôde, le Découragement .
Pourtant, TOUJOURS et JAMAIS ne seront pas prononcés. Pas ce soir
Nos visages ne se fermeront pas et peut-être même arriverons nous à sourire de la Vie qui va. ici comme partout ailleurs .
Nous remonterons dans la grande roue plus sereins de ces orages évités et près pour toucher le ciel avec nos doigts en criant un peu parceque ça fait peur quand même si on regarde en bas quand on est au sommet de la course.

2 commentaires:
Je suis contente de te retrouver! Belle année
Et moi contente de revenir . J’aimerais tant trouver plus de temps pour écrire ici! C’était un exercice que j’aimais bien, car il m’obligeait à voir ma vie en histoires .
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