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06 mars 2018

Quand l'ado s'émerveille

Ca se passe au petit déjeuner.
L'ado probablement encore mal réveillé regarde par la fenêtre le lever du soleil.
Il faut dire qu'on ne peut pas le louper: la cuisine est devenue rose en un instant, et dehors, les arbres du jardin se découpent , noirs sur le ciel encore bleu marine, tandis que l'horizon en quelques secondes est devenu rose, puis rouge. C'est splendide. C'est vrai. Et cela fait déjà trois minutes au moins que je m'extasie .
L'ado probablement mal réveillé donc, consent à lever les yeux vers  le spectacle, et voilà qu'il se lève et s'approche de la fenêtre, un cri lui échappe  : " whaou !!!!  c'est trop beau, ce ciel rose. " ( il ne pense même pas à contrefaire ma voix et mon ton ... C'est dire ! )
Heureusement, il se rappelle juste à temps qu'il est en partance pour le collège ce qui lui permet de corriger le tir de la spontanéité : " On dirait qu'une licorne à paillettes va sortir du décor.  Trop la classe non? "
Il se retourne pour mesurer l'effet de ses paroles .
Le rire sarcastique de son jeune frère le rassure, il a évité le faux pas qui aurait ruiné en moins de deux sa réputation d'ado rebelle.

Une licorne au petit déjeuner ...


14 juillet 2015

Jeanniversaire




A quelques mots près, j'aurais pu réécrire ça aujourd'hui. 
Notre princesse grandit, mais ne change pas tellement. 

Certes, elle ne suce plus son pouce, et ne veut plus du tout se marier avec son papa. 
N'empêche.  
C'est une magicienne. 
Elle  sait rire et pleurer en même temps.
Elle n'aime pas qu'on se moque, mais elle peut avoir le mot qui pique et la dent dure . 
Elle semble parfois survoler sa vie, mais rien ne lui échappe  de ce qui se passe dans le coeur de ceux qu'elle aime. 
Elle peut me faire hurler de rire et de rage dans la même minute. 
Elle oublie son manteau dans son casier parce qu'il est trop moche et elle peut marcher en converse sous la pluie parce que ses converses sont trooooop belles. 
Elle se moque de ce que les autres peuvent penser d'elle, mais se rend malade à l'idée de peiner quelqu'un. 
Elle croit qu'elle n'est pas à la hauteur, mais elle fonce avec son grand coeur et ses idées droites. 
Elle fait des trucs que jamais je n'aurais osé faire à son âge. 

Elle aime râler, rire et pleurer . Et les câlins aussi. 
Au fond je crois qu'elle veut qu'on l'aime!
Et on l'aime.

Notre princesse n'est plus si petite. 
Elle vient d'avoir son brevet avec mention bien, 
Elle navigue en radeau sur l'Ill avec sa caravane, 
Elle rêve de faire cap rouge avec sa flûte, 
et dans dix jours, elle s'envole pour le Japon ... 
Notre princesse plus si petite a eu 15 ans hier. 

03 juin 2014

Devoir du Soir

Parce que, pour moi,  c'est vraiment une tannée un devoir de superviser les Sacro-Saints devoirs. Mais en même temps, comme dirait ma crémière : " Vous les  avez voulu, maintenant faut assumer - les enfants pas les devoirs, enfin si les devoirs aussi , mais je me comprends hein. "
Bref, tout ça pour dire que la séance devoirs, je déteste, mais que je tâche de m'y tenir. 
Bon, faut être honnête, parfois ça roule.
Enfin presque...


D'autres fois c'est un peu sportif 


Je le précise qu'il a déjà fait quarante minutes de foot  avant de se mettre au piano ???? 

  Ou même carrément, impossible... 
"Maman, j'ai perdu mon cartable. "


Heureusement les grands sont autonomes . 
Et ils sont dans un super collège où les profs sont sur FB et leur demandent de faire leurs devoirs par internet. 
Enfin, je crois. 
- Dieu ( du contrôle parental) merci , sa session éteint l'ordinateur au bout de 30 minutes - Après, il faut le reconnaître, elle s'y met pour de vrai. 


Mais,  quand il fait beau et qu'on peut s'installer dehors, (pas aujourd'hui donc , mais j'avais écrit cet article un autre jour,  quand il faisait beau )  comme "avant" , quand j'habitais en vacances et que maman qui ne travaillait pas le jeudi nous faisait un goûter spécial qu'on prenait au jardin avant de faire nos devoirs. 

12 mai 2013

Sac Ado

Parfois, l'ado pyromane brûle ce qu'il a adoré .  
Un jour,  il ne supporte plus ce logo qui orne son sac à dos, cadeau de la Fondation Abbé Pierre, et souvenir d''un temps révolu, où il lui a offert de tout son coeur  l' argent collecté à l'occasion de sa profession de Foi  ...
L'ado, pour affronter le monde extérieur,  doit anéantir  toute trace de gentillesse. 
L'ado est grand, il n'a plus besoin de sa maman, et, en plus, il n'est pas sûr qu'elle partage son point de vue sur la méthode à adopter pour faire disparaître l'objet du délire d'antan ... 
Il décide de brûler le logo, juste lui, comme ça il pourra encore utiliser le sac à dos qui par ailleurs est plutôt joli et costaud. 
Oui mais, si le logo est bel et bien parti en fumée, il a emporté avec lui une partie du tissu, laissant à sa place un trou aux bords noircis et racornis. La poche est salie et le sac inutilisable. 
"Pas grave" se dit l'ado qui en a un autre. 
Et sans rien dire , il cache le sac dans son placard. 
Oui mais, c'est sans compter que la maman de l'Ado, parfois  range le placard est équipée d'un nez à toute épreuve détecteur de bêtises  et découvre rapidement le poteau   noir rose. 
Elle ne dit rien, mais n'oublie rien non plus. 

Et puis, un jour pour une raison aussi obscure que fumeuse, l'ado Pyromane, perd en une seule après-midi son sac de sport ET son cartable. 
ET il lui  faut impérativement un sac pour aller au collège le lendemain. 
Zut de Zut, le magasin est fermé. 
Heureusement que  sa maman qui n'a pas envie de re-re-re-re -re-racheter un sac à dos  et qui résiste à la tentation de l'envoyer en classe avec un sachet carref*ur se souvient du sac de la Fondation Abbé Pierre. Elle va le récupérer au fond du placard  et le brandit, triomphante  devant son ado médusé. 
Elle promet de le rendre utilisable avant la fin de la soirée. 
Elle branche son ordi, trouve une image adocompatible, sort son papier transfert, déniche un rectangle de lin blanc, dégaine son fer à repasser , ses épingles et ses ciseaux ,  secoue  un peu Estelle qui faisait la sieste, et, chose promise chose dûe, une heure après, l'ado sceptique peut faire son cartable pour demain. 
Il n'ose pas dire qu'il aurait préféré un Sac Ado neuf - il sait que sa Maman serait très en colère - alors, il dit sans grand enthousiasme " Ha, tu as réussi? Merci ". Et juste après,  il la prévient que ce sac là n'est sans doute pas de très bonne qualité et qu'il ne devrait pas durer très longtemps. 
Alors sa maman lui montre que les bretelles sont vraiment bien arrimées au dos su sac. 
Il conclut que finalement ce sac est assez grand pour ses affaires du lundi. 

Affaire à suivre ... 


27 juin 2011

Dobby

Vous fait savoir qu'il va très bien  ... 



Il est en vacances depuis vendredi soir et ses parents le traitent juste un tout petit peu comme un elfe de maison ... Mais il est content parce que comme ça il ne s'ennuie pas.

Sinon, en vrai, on lui a aussi fêté ses treize ans comme il se devait.

Petite recette  de sa soeurette préf de préf pour devenir un parfait adoliboude de 13ans : capuche, lunettes et air bête ... 
Et puis, LE cadeau qu'il n'espérait pas, un bon pour une batterie.
Il était heureux. 
Je crois. 

Pour les curieux: Non la batterie n'ira pas à la cave, mais dans mon atelier qui, du coup,  reviendra chambre d'amis . Moi je migre au grenier. 



17 juin 2011

changement de cap

A présent ses épaules sont nettement au-dessus des miennes, et ça fait bien longtemps que je peux mettre mes deux pieds dans un seul de ses souliers. Ses mollets ne sont plus aussi lisses et sa voix commence à plonger dans les graves sans crier gare. 
On me dit que c'est un petit jeune homme et qu'il est bien joli.
Certains avec humour ou pour m'être agréables me demandent s'il est mon petit frère ou mon fiancé.
Or, qui vit avec nous, sait bien que le quotidien avec lui peut être bien plus rugueux.
Et qui le connaît lui se doute que depuis quelques mois, devant son futur qui hésite  entre deux chemins, il est inquiet, donc stressé, donc pénible - euphémisme -
Dès lors, il est aisé d'imaginer qu'au jour le jour, c'est parfois juste intenable ...
Ce n'était qu'un épisode.

Le coup de fil que nous attendions depuis le mois de mars  est arrivé ce matin, le libérant de ces deux possibles entre lesquels il était comme pris en étau. Ne pas savoir l'a angoissé. Je crois.
Il ne finira pas son collège avec ses amis de toujours. Il ira conjuguer école et musique au conservatoire.
Certes, il devra se faire de nouveaux amis, faire sa place dans  une classe de quatrième où tous se connaissent depuis deux ans déjà. Travailler plus en classe et plus à la maison. Revoir son solfège et entraîner ses mains. Mais il est pris en CHAM, et c'était son souhait.

Toutefois,  le cours de clarinette était complet.
Il fera donc des percussions . Et ce soir quand son papa est allé le chercher à l'harmonie, il n'a pas jugé nécessaire de lui dire bonjour avant de lui annoncer ce qu'il a présenté comme " génial".
Pour être honnête, depuis qu'il avait commencé, cet hiver, nous savions bien que ce deuxième instrument allait vite prendre de la place dans sa vie ... 

 C'était au mois de janvier je crois, son quatrième ou cinquième cours ... 

Et c'est là que vous posez la fatale question : " et il va travailler où ? "
Ben justement ... 


29 mai 2011

Pas un délinquant ....

Jour après jour, nous avons signé dans son carnet,  presque sans maudire, mais pas sans mot dire , les différentes observations de ces dernières semaines, écoutant d'une oreille distraite les arguments parfois tordus souvent de mauvaise foi , qui le font plaider coupable mais pas responsable. Il est toujours un camarade pour commencer le jeu stupide qui le conduira fatalement à la faute, puis à la sanction , un autre pour surenchérir à la plaisanterie qui deviendra immanquablement une insulte dont l'affront ne pourra être lavé qu'aux mains ... 
Ce n'est pas toujours lui qui commence, mais il n'y est jamais pour rien . Du moins ne s'en est-il jamais caché. Sans doute a-t-il toujours cherché à minimiser sa participation aux délits qui lui ont valu tant de remarques ces derniers temps, mais jamais il n'a nié la part prise , ni contesté la sanction, estimant sans doute comme nous qu'elle était méritée. Tout autant que celle qui s'en suivait à la maison.  
D'observations en avertissements, il a gagné une journée de mise à pied, pour réfléchir à son comportement actuel, en recopiant le règlement intérieur du collège. 
Nous pensions qu'il avait compris, qu'il allait se calmer, réfléchir avant de poursuivre comme des papillons les idées de sottise et les propos moqueurs qui lui traversent la tête. Il nous l'avait promis. Et en le voyant relire  pour la dixième fois le papier qui rappelait les quelques règles de conduite à tenir dans les musées parisiens,  choisir avec soin ses vêtements, parcequ'il ne fallait pas tout de même paraître pouilleux quand on fait une sortie scolaire, délaisser les chips pour un paquet de biscuits salés qu'il ne risquerait pas d'écraser ni de renverser sur ses vêtements, nous avons eu la certitude qu'il tiendrait parole. Et qu'à défaut de réussir , il allait vraiment essayer de faire de son mieux.
Il est parti joyeux, et moi confiante. 
Quand il est descendu du bus, j'ai  vu à la courbure de ses épaules  que quelque chose n'avait pas été. Son professeur paraissait vraiment très énervée, et en lui réclamant le compte rendu qu'il lui a tendu sans protester, elle lui a promis un quatrième avertissement pour comportement inadmissible en sortie scolaire.
Les reproches se sont bousculés dans ma bouche avant même le bonsoir qu'il aurait pu attendre en cette fin de journée. Au lieu de baisser les épaules et le regard comme il sait le faire, attendant que l'orage qu'il sait avoir mérité ne passe, mon collégien a fondu en larmes, devant tous ses copains, et secoué de gros sanglots m'a juré que ce n'était pas lui, que cette fois-ci , il n'y était pour rien, qu'il connaissait les règles et savait parfaitement se tenir dans un musée. J'ai reconnu dans sa voix, dans les frissons qui secouaient ses épaules, la rage qui le saisit quand il se sait victime d'une injustice et qui peut le conduire à détruire même ce à quoi il tient le plus. Il y avait du monde autour de nous. Il s'est contrôlé, les larmes ont redoublé , sa vois s'est faite plus perçante, et une fois encore il affirmé que ce n'était pas lui.  Son professeur était trop énervée pour me donner plus d'explication, elle l'avait vu disait-elle, il avait été infernal. Nous avons quitté la place précipitamment, accompagnés du sourire moqueur de ceux qui avaient vu leur camarade flancher sous la semonce maternelle. 
Les larmes ont duré bien après le dîner. Il a convenu qu'il n'aurait pas du secouer ses mains au-dessus du lavabo pour les sécher parce que ça avait mouillé son camarade qui avait riposté en doublant la mise. Au moment où le professeur était entré dans les toilettes. Elle l'avait trouvé trempé et en avait conclu qu'il avait joué à s'arroser tout seul. Il faisait douze degrés. 

D'un certain point de vue, ce quatrième avertissement, qui est aussi celui qui conduit en conseil de discipline est-il mérité.
Sauf qu'à l'heure actuelle, le carnet de correspondance de notre Collégien ainsi que sa note de comportement n'ont rien à envier à ceux de JoLaprovok. Et pourtant nous savons que ces deux enfants n'ont en commun que le seul fait de ne pas entrer dans le moule, l'un sans doute à cause de son manque absolu de repères, l'autre parce que les siens sont juste différents.  Alors demain j'irai au collège pour comprendre enfin comment cet enfant qui n'est, nous assure-t-on, pas un délinquant en est arrivé là. 
Je n'aime pas demander des comptes, encore moins contester une sanction posée par les collègues, nous  connaissons notre collégien et savons de quoi il est capable. Mais c'est aussi parce que nous le connaissons que nous savons que ses protestations n'avaient rien d'une mise en scène hypocrite.

Ps: Cécile, en UDP  ?  ;-)

Edit : Le quatrième avertissement n'a pas été donné. Il ne participera plus à aucune sortie scolaire, et doit à chaque heure de cours, pour les quinze jours à venir, présenter sa fiche de suivi afin que les professeurs y consignent heure après heure les détails de son comportement. Il a rédigé son contrat lui-même : " je m'engage à ne plus perturber les cours en bavardant et en jetant des projectiles".