30 août 2015

Et pendant ce temps là

Presque un mois de silence  !
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir des choses à dire  - il paraît que  quand je n'aurai plus rien à dire, c'est que je serai morte - C'est que les mots me sont très difficiles à trouver pour dire les choses avec justesse, et j'ai cruellement  manqué de temps pour trier mes photos et pour réfléchir.

Un mois de silence donc, retentissant  pourtant du bruit des cartons qu'on déplace, du rire des déménageurs et du cri de l'aspirateur.
Un silence plein des bruits d'une maison qu'on ferme .
Le silence assourdissant  des retrouvailles avec les cousins, du claquement des vagues sur la plage et des apéros le soir .
Le silence pour ne pas entendre les sanglots des derniers adieux.

Si j'avais eu le temps,  je vous aurais raconté jour après jour ces dernières semaines.
Cette drôle de journée où toute notre vie a disparu dans un semi remorque. Bien sûr le camion était vraiment très gros, et c'était très impressionnant, mais on a quand même pensé que ranger 18 années  dans 100 mètres cubes, c'était dérisoire. Et c'est vrai,  si notre vie tout entière n'était que nos cartons ça aurait été dérisoire, mais aucun lien d'amitié ne se peut enfermer,  ni se compter en mètres cubes, et les frontières de nos coeurs dépassent de loin celles d'un dérisoire camion de déménagement.


J'aurais raconté ce geste que j'ai fait pour la dernière fois,  la gorge si serrée que je n'ai pas pu retenir mes larmes , et juste après, cette route que nous avons faite en pensant que c'était sans doute la dernière fois qu'on la faisait "comme ça".  Parce que la prochaine fois, on " redescendra " à la maison.


J'aurais trouvé les mots pour décrire cette étrange sensation d'incertain  quand nos cartons étaient dans le Nord et nous dans le Sud, et que la maison de Denain n'était plus vraiment à nous et celle de Pau pas encore à nous.

En même temps que nous, vous auriez connu ces  quelques jours où nous devions attendre le camion, puis ceux où nous devions attendre la maison. Ces vacances forcées - quel dommage- , les retrouvailles avec la famille au bord de la mer - dur, dur - , la découverte de la maison et le choix épineux de la répartition des chambres. Avec nous vous auriez  été surpris et ravis de ce drôle de voyage de retour à la maison qui ne nous a pas paru en être vraiment un, puisque en moins de deux heures la migration était terminée.
J'aurais raconté les messages dans la boîte aux lettres, ces témoignages d'amitié bien réels qui nous ont donné le courage de défaire un à un tous les cartons. ( On y est presque, il reste la table à repasser et les cadres à accrocher). Merci !!!!
J'aurais parlé de toutes ces visites, de tous  ces  "super" et "ces  elle est chouette votre maison ", qui nous encouragent  à finir au mieux et au plus vite l'installation.

Maintenant, il  y a ces "à plus" qui désormais n'attendent pas plus loin que le lendemain.
Il y a nos charmants voisins ( ils roulent en Evalia, c'est un signe non? ) qui ont répondu présents à l'invitation et qui ont trouvé géniale l'idée de faire connaissance autour d'un café dans le jardin .
Il y a cette drôle d'impression qu'on va bientôt rentrer à la maison; mais en fait non. Maintenant on habite en vacances.
Il y a au creux de nous mêlées, l'impatience de faire connaissance de notre nouvelle vie, et la terreur de ne pas y arriver.
Les derniers cartons se défont, il manque une tringle ou deux dans les penderies, le fer à repasser est encore en vacances  et je ne me suis pas encore résolue à racheter une cuisinière ;-); mais cela se termine et chacun semble prêt à commencer sa nouvelle vie.
Cette semaine nous sommes allés chercher les manuels aux lycées, et visiter le collège.
Nous avons découvert notre nouvelle paroisse ce matin; les plus jeunes ont fait la connaissance des copains d'école chez leurs cousins cet après midi;  demain, c'est la rentrée de l'Université;  mardi matin, on découvre l'école ; mardi après-midi ce sera au tour d' Eloi et Jeanne ; Martin quant à lui attendra jeudi.


Mais je n'ai pas réussi à venir ici tant que tout n'était pas terminé, sans doute me fallait-il cela, partir sans me retourner pour trouver la force d'aller jusqu'au bout.


4 commentaires:

Albane a dit…

Bonne rentrée à vous tous dans le grand sud ! Ton article me touche beaucoup !

Au petit bonheur a dit…

A lire ton billet si émouvant, je me demande si finalement j'ai envie déménager ! Bonne rentrée à tous, prenez le temps de prendre vos marques !

Bibiche a dit…

Mince alors ... cette transition semble presque triste pourtant c'est chouette d'aller "habiter en vacances" non ?

so a dit…

@Albane : merci , Bon courage à vous aussi.
@au petit Bonheur : Ben zut alors, ce n'était pas le but !!! en vrai on est plutôt contents de notre sort.
@Bibiche : mince, comme tu dis , ce n'est pas triste d'habiter en vacances, simplement, il est dur de quitter ses amis , et sans doute, en cette période de transition ( je déteste les transitions) cela prend il le pas sur l'enthousiasme de la nouveauté .