Enfant, j'aimais cette sensation d'équilibre précaire qui ne tenait qu'au parfait balancement de mes bras. J'aimais me dire qu'il ne tenait qu'à moi de chuter ou pas, que ma vie était entre mes bras tendus. Mais j'aimais par dessus tout cette certitude rassurante que le moindre faux pas ne me serait pas vraiment fatal puisqu'il ne m'entraînerait pas plus bas que le caniveau que je longeais, que la main de Bonne-Maman qui me conduisait au Marché de Nogent surgirait toujours à temps pour me rattraper.
En grandissant, j'ai appris que ni sa main, ni celle de maman ne viendraient me secourir avant la chute, je sais désormais que je tiens entre mes bras étendus, mon équilibre et celui de toute ma famille. Je sais qu'il n'est pas raisonnable de courir au bord du caniveau et que mon pied peut à tout instant glisser.
Je le sais et et ces jours-ci, plus que jamais, j'ai conscience de cette fragilité.

5 commentaires:
Tu peux compter sur moi dans cette fragilité qui t'assaille.
C'est une vieille amie pour moi et j'ai appris qu'elle était plus facile à apprivoiser avec des amis, un mari, des enfants... Enfin tout ça résumé : Avec de l'amour...
Je t'embrasse.
Tu es chou Anne-Fleur, toujours là au bon moment. Bizzz
je ressens exactement la même chose ....cet équilibre si imparfait ....
@ vanessa: Ton expression est tellement poétique et si terriblement juste ... "equilibre si imparfait" ...
OUf ! Je vous lis seulement... Des prières pour vous... je ne peux pas faire mieux !
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