C'est-je crois la question que l'on m'a posée le plus souvent cette semaine ...
Au début cela me prenait un peu au dépourvu... nous avons pour habitude de ne pas appeler l'oisillon qui quitte le nid pas, pas plus qu'il ne nous appelle. J'avoue, on envoie une carte à celle dont l'anniversaire tombe pendant le camp scout, mais le plus souvent, c'est la veille du retour que nous réalisons que nous avons vécu notre vie sans plus nous soucier de l'absent.
Cela fait-il de nous des parents - et des enfants? Nous n'appelons pas nos mamans non plus - indignes? Sans doute est-ce une forme d'indignité, ce manque qu'on n'éprouve pas, cet attachement qui ne se dit pas. Pourtant, ce n'est pas ainsi que nous le concevons. Pour nous, celui qui part vit sa vie. Et, quoiqu'il nous en coûte, nous respectons cette liberté. En ne prenant pas de nouvelles de nos grands, nous pensons les laisser libres. Et je retrouve, dans cette indépendance qu'ils prennent un peu de cet étonnement mêlé de fierté et de soulagement qui me saisissait chaque fois que je sentais un petit pied fouler la peau de mon ventre depuis l'intérieur. Alors même que leur vie était intrinsèquement liée à la mienne, alors même que je leur étais absolument vitale et essentielle, et que cette terrible toute puissance me terrifiait, ce geste infime d'une main ou d'un pied minuscule avait le pouvoir de balayer mes angoisses, parce qu'il me signifiait qu'un jour ce pied, cette main, prendraient leur envol, et que je n'étais moi que l'abri au creux duquel ils se préparaient à affronter la vie.
Ainsi, Nous avions convenu avec le Lycéen qu'il nous enverrait des textos pour donner la liste des fournitures au jour le jour, et qu'il appellerait si besoin. Pour ma part, je lui avais promis de le laisser tranquille.
J'ai donc vu passer au fil des jours : " maths : trois gros cahiers 24 32, mus: un cahier normal, français: un classeur, phys : un classeur, anglais: un cahier 24 32 + brouillon , savon, champouing"
Et puis, il a appelé hier soir pour confirmer son heure de train, - et savoir si j'avais déjà fait les courses, parce que quand même il a un peu faim le soir, parfois, alors, il se demandait si on pouvait ajouter des bonbons et des biscuits, au cas où -, et, au chahut qu'il y avait dans son dos, j'ai su que nous avions eu raison de ne pas nous inquiéter.
Alors, des nouvelles?
Oui des bonnes.
Les rabat-joie, me diront que ça ne fait qu'une semaine, certes, mais c'est déja une semaine et si un jour cela ne devait plus aller, nous pourrions toujours relire cette page et nous souvenir qu'au début c'était bien , l'internat, et qu'on y croyait .
3 commentaires:
Même principe dans ma famille, pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Ne pas systématiquement avoir de compte à rendre ni de résumé à faire, ça rend libre !
Bonne rentrée aux tiens !
Nous avons vu son voisin de chambrée qui paraît content de l'avoir pour voisin !! Il ne semble pas lui non plus terrorisé à l'idée d'y retourner lundi.. "Ouais, ça va, c'est cool..."
Le savon et le "champouin" qu'il a laissés dans sa douche à C. sur le S...., ça aurait pu lui servir!...Je les ai retrouvés après votre départ matutinal!
Allez, bonne continuation: c'est bien parti !
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