Tout avait commencé le plus normalement du monde : les enfants rivalisaient de lenteur pour être bien certains d'arriver en retard à la musique. Le collégien râlait prétextant que ce week-end trop chargé allait l'empêcher de faire correctement ses devoirs, et tâchait en conséquence, de négocier la suppression de l'une ou l'autre des obligations du week-end - hum, qui n'a pas mis les pieds au collège depuis lundi dernier, dites-moi? - Luc avait perdu ses souliers. Dans la rue, la brocante battait son plein depuis plusieurs heures déjà, et rivalisait de discrétion , sans doute, avec la ducasse installée en face de la gare. Tandis que je rangeais la cuisine et préparais le déjeuner.
Un samedi comme on les aime, avec les courses en prime, une réunion et pour faire bonne mesure la perspective d'enchaîner avec un dimanche chez les scouts. Le genre de week-end qui me fait aimer le lundi matin, lycée ou pas lycée ...
Sauf qu'il y avait un je ne sais quoi dans l'air, comme un petit air de fête, sans doute, qui m'a exemptée de réunion. De la malice dans les yeux de la Princesse quand elle a dit " maman, c'est samedi , tu ne fais pas de dessert aujourd'hui". Du mystère dans sa soudaine complicité avec son frère quand elle a dévoilé - presque - tous les trésors acquis à la brocante. Et puis ce calme soudain dans la cuisine à l'heure du dîner, le tintement des assiettes et des couverts qu'on brasse dans la salle à manger. Un petit minois occupé à effeuiller des roses sur la terrasse . Quelques notes de musique. Et la réponse immédiate au coup de cloche annonçant l'heure du dîner "On arrive Maman" ...
C'est alors que j'ai découvert une belle table semée de roses, mon assiette posée à la place d'honneur.
Les pupitres étaient installés, et les instruments prêts pour un apéro musical.
J'avais préparé leur mets favori, et ils m'ont déclarée la meilleure des mamans.
Au dessert chacun a eu le droit de tremper ses lèvres dans le champagne et les instruments ont retenti de nouveau tandis que je découvrais combien j'avais été gâtée.
Ce samedi aurait pu ressembler à tant d'autres, si chacun n'avait eu à coeur de suspendre un peu le temps, le temps d'une parenthèse enchantée.
Si, si enchantée , je vous assure ...
La preuve
C'est juste que mon Put*debor* d'APN, a bouffé toutes mes photos avant que je les transfère ... Les meilleurs moments, on ne peut pas les saisir. Me voilà bien apprise !
Et maintenant, l'orage gronde, la musique , dehors s'est tue, et le bruit de la pluie seul va accompagner nos rêves.
Ce samedi n'est décidément pas comme les autres.


4 commentaires:
Bon anniversaire!!
Bon anniv' !
t'aurais pu nous inviter à ta fête !
Cécile, tu aurais fait la route?
ouais, j'aurais !
(je peux dire ce que je veux, c'est trop tard !)
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